Quelles données dois-je demander à mon fournisseur d'aluminium ?
Données de base : matière, origine et teneur en matière recyclée
Le passeport numérique des produits pour l'aluminium porte essentiellement sur quatre catégories de données : la composition de la matière (alliage, additions), l'origine de l'aluminium (primaire ou secondaire, pays de production), le pourcentage de matière recyclée, et la présence de substances préoccupantes (telles que les substances figurant sur la liste des candidats aux substances extrêmement préoccupantes). En outre, il est courant de demander des informations sur le procédé de production, les certificats éventuels (tels que ASI ou certification de chaîne équivalente) et les propriétés techniques pertinentes pour la durabilité, comme la recyclabilité et la durée de vie attendue. Les données exactement obligatoires pour l'aluminium ne sont pas encore fixées car la mise en œuvre spécifique aux produits (l'acte délégué) n'a pas encore été publié. Les catégories ci-dessus résultent de ce que l'ESPR exige d'un passeport numérique des produits au sens général, et constituent donc une bonne base pour interroger dès à présent un fournisseur.
À qui cela s'adresse et ce qui en est exclu
Cette question est pertinente pour quiconque achète des produits semi-finis en aluminium et est personnellement responsable de l'établissement d'un passeport des produits — pensez aux fabricants de profilés, aux fonderies et aux transformateurs d'aluminium d'emballage qui se procurent le matériau de base auprès d'un fournisseur. Il s'agit alors de données que le fabricant ou l'importateur lui-même ne peut pas mesurer ou établir, mais qui proviennent d'un maillon antérieur de la chaîne. Cela ne s'applique pas aux entreprises qui revendent uniquement un produit fini sans transformation propre, ni aux matières premières ou matériaux autres que l'aluminium — chaque groupe de matériaux reçoit en effet sa propre mise en œuvre au sein de l'ESPR. De plus, cela ne s'applique pas encore comme obligation concrète : tant qu'aucun acte délégué pour l'aluminium n'est publié, il n'existe aucune obligation légale de collecter ces données. Ce qui existe déjà, en revanche, c'est l'obligation générale pour les acteurs de la chaîne d'approvisionnement de fournir des informations exactes et à jour dès lors qu'un passeport des produits leur est demandé.
Pas encore de date fixe : le plan de travail ESPR 2025-2030
Il n'existe pas encore de date d'entrée en vigueur fixée pour l'obligation de fournir ou de demander ces données. Selon le plan de travail ESPR 2025-2030, l'acte délégué pour l'aluminium est attendu en 2027 ; ce n'est qu'après sa publication qu'un délai concret sera fixé pour que le passeport et la demande de données connexes deviennent obligatoires. Jusque-là, rien ne change sur le plan juridique dans la relation commerciale existante avec un fournisseur. Ce qui est déjà possible, en revanche : intégrer dès à présent dans la correspondance ou les conditions d'achat régulières les données mentionnées ci-dessus, afin qu'elles ne doivent pas être récupérées d'un coup chez les fournisseurs à la publication de l'acte, fournisseurs qui pourraient alors ne pas y être préparés.
Voici comment procéder, étape par étape
L'ordre pratique commence par identifier les fournisseurs qui livrent des matières premières en aluminium ou des demi-produits, et faire la distinction entre l'aluminium primaire et l'aluminium secondaire dans cette livraison. Ensuite, il est judicieux de vérifier pour chaque fournisseur quelles données sont déjà disponibles — de nombreux fournisseurs disposent déjà de certificats sur l'origine ou la traçabilité, ou indiquent déjà le pourcentage de recyclage dans leur propre documentation. Vient ensuite la question des données manquantes : la composition exacte de l'alliage, la présence éventuelle de substances préoccupantes au-delà d'une valeur seuil, et les informations sur le processus de production pertinentes pour l'impact environnemental. Il est judicieux de consigner cette demande par écrit, de sorte qu'il existe une trace de ce qui a été demandé et quand, et que le fournisseur sache que ces données seront structurellement nécessaires à terme — non pas comme action ponctuelle, mais comme élément permanent de la livraison. Enfin, il est pratique de vérifier si un fournisseur travaille déjà avec un format ou un système dans lequel ces données sont conservées, afin que la connexion à un futur passeport soit plus facile.
Le fondement : article 38 et article 10 du ESPR
Le fait que les fournisseurs doivent fournir des données à celui qui assemble un passeport produit découle de l'article 38 du ESPR (Règlement (UE) 2024/1781), qui énonce des exigences pour les acteurs de la chaîne d'approvisionnement en vue de fournir des informations exactes. Les données qu'un passeport numérique doit contenir en général figurent à l'article 10 du même règlement ; cet article forme la base des catégories mentionnées ci-dessus (composition, origine, teneur en matière recyclée, substances de préoccupation). La liste précise et spécifique à l'aluminium des données obligatoires découle de l'acte délégué qui n'a pas encore été publié.
Celui qui souhaite engager maintenant une conversation avec un fournisseur peut commencer par demander les quatre catégories de base de cet article et consigner quelles données sont déjà disponibles et lesquelles ne le sont pas encore. Une fois que l'acte délégué pour l'aluminium aura été publié, la liste définitive et obligatoire des données et la date correspondante seront ajoutés ici.
Sur quoi cela repose
- Règlement (UE) 2024/1781 (ESPR), article 38 (exigences applicables aux acteurs de la chaîne d'approvisionnement)
- Règlement (UE) 2024/1781 (ESPR), article 10 (exigences relatives au passeport numérique de produit)
Le règlement lui-même figure sur EUR-Lex. Nous faisons référence à chaque affirmation ; vous n'avez pas besoin de nous croire sur parole.
Ce que vous devez concrètement faire
Ce qu'on attend de vous
Un passeport produit ne sort pas de nulle part. Les données qui y figurent — composition de l'alliage, origine, pourcentage de recyclage, informations de procédé — doivent provenir de quelque part, et ce lieu est généralement le fournisseur. L'article 38 du ESPR (Règlement (UE) 2024/1781) stipule que les acteurs de la chaîne d'approvisionnement doivent fournir les informations nécessaires pour se conformer aux exigences du règlement. Pour une entreprise qui achète et transforme l'aluminium, cela se traduit par un certain nombre d'attentes concrètes envers ses propres fournisseurs.
Demandez la composition de l'alliage
La base de chaque passeport est la composition matérielle : quel alliage, quels additifs, quels pourcentages. Sans ces données, il n'y a pas de passeport à remplir. Pour une entreprise de taille moyenne, cela signifie que le service des achats ne reçoit pas seulement un bon de livraison ou une facture, mais aussi un certificat matériel ou un document similaire dans lequel l'alliage est consigné de manière traçable. Cela devrait être une partie standard de chaque livraison, et non quelque chose qui serait demandé après coup.
Demandez la part de matériel recyclé
L'article 10 du ESPR décrit que le passeport produit numérique doit contenir des informations sur notamment les caractéristiques de durabilité du produit — dont la part de matériel recyclé joue un rôle important. Un fournisseur qui livre de l'aluminium composé en partie de ferraille devrait pouvoir justifier cette part. Pour les entreprises qui travaillent avec des lots mélangés , c'est souvent le point le plus difficile : le pourcentage n'est pas toujours exact, mais doit néanmoins être établi de manière traçable.
Demandez l'origine du matériau
L'origine indique où la matière première a été extraite ou où la ferraille a été collectée, et cela touche à la fois aux données environnementales et à d'éventuelles obligations d'importation. Les entreprises qui s'approvisionnent en aluminium en dehors de l'UE rencontrent une couche supplémentaire ici ; voir ce que le passeport produit signifie lors de l'importation en dehors de l'Union européenne. Même auprès des fournisseurs européens, il est judicieux d'inclure l'origine comme question fixe dans la demande, et non comme exception.
Demandez les informations de procédé pertinentes pour le passeport
En plus de la composition et de l'origine, le passeport peut aussi contenir des informations liées au procédé, telles que le mode de production ou de transformation, dans la mesure où cela est pertinent pour les caractéristiques de durabilité mentionnées à l'article 10. Pour une entreprise de cette taille, il est pratique de poser cette question de manière standard auprès des nouveaux fournisseurs, pour éviter qu'elle ne doive être redemandée ultérieurement, sous la pression du temps.
Demandez aux sous-traitants de la chaîne
Lorsqu'une partie de l'aluminium est transformée par un sous-traitant avant de vous parvenir, il vaut la peine de savoir si ce sous-traitant a aussi fourni ou doit fournir des données. Ceci est développé sur la page concernant si un sous-traitant qui transforme l'aluminium doit aussi fournir des données. Pour vos propres registres, il est utile de savoir à l'avance qui dans la chaîne gère quelle information, plutôt que de le découvrir au moment où le passeport doit être assemblé.
Où cela s'avère problématique en pratique
Dans la pratique, la collecte de données achoppe souvent sur quelques points fixes.
Une situation fréquente est que le fournisseur envoie bien une facture et un bon de livraison, mais pas de certificat matériel — parce que cela n'a jamais été convenu. L'entreprise ne découvre cela que lorsque le passeport doit être assemblé, et la livraison a déjà été longtemps intégrée dans son propre processus de production.
Une autre situation : l'aluminium provient d'un lot composé de plusieurs lots, chacun ayant une composition d'alliage légèrement différente. Le fournisseur donne un seul chiffre moyen, sans indiquer comment cette moyenne a été calculée. Pour l'acheteur, ce chiffre n'est alors plus traçable jusqu'aux lots d'origine.
Également difficile : un fournisseur livre une partie de l'aluminium via un intermédiaire qui ne dispose pas lui-même des données sources. La question « d'où provient exactement ceci » est alors renvoyée de partie en partie, sans que personne ne puisse fournir une réponse complète.
En outre, il arrive qu'un fournisseur dispose bien des données demandées, mais ne les envoie pas systématiquement — elles doivent être redemandées à chaque fois, par commande, ce qui prend du temps et est source d'erreurs.
Et parfois, il ne devient clair que tard qu'un fournisseur ne peut ou ne veut pas livrer les données de manière structurelle, par exemple parce que sa propre administration n'est pas conçue pour cela. Pour cette situation, il est utile de savoir que faire si un fournisseur ne livre pas les données.
Ce que vous pouvez documenter
Pour éviter ces situations, il est pratique de fixer structurellement un certain nombre de choses au lieu de les régler à nouveau à chaque livraison :
- Un ensemble de données fixes par livraison : composition de l'alliage, part de matière recyclée, origine et informations de procédé pertinentes, toujours dans le même format.
- Un accord dans le contrat d'achat sur quelles données le fournisseur livre et sous quelle forme. Voir à ce sujet l'explication sur les accords concernant la fourniture de données de passeport dans le contrat d'achat.
- Un contrôle fixe à la réception des données, de sorte que les écarts apparaissent rapidement plutôt qu'au moment de l'assemblage du passeport. L'approche décrite ci-dessous vous aide à ce sujet : comment vérifier l'exactitude des données de votre fournisseur.
- Un aperçu des sous-traitants et des intermédiaires dans la chaîne, avec une notation indiquant qui gère quelles données ou qui devrait les fournir.
- Une procédure pour les lots mélangés, dans laquelle est défini le mode de calcul d'une composition moyenne et quelles données sous-jacentes sont conservées à cet égard.
- Une approche documentée pour le cas où des données sources font défaut, de sorte qu'il ne soit pas nécessaire de réfléchir à nouveau chaque fois à ce qui est alors possible ; voir aussi la page sur la marche à suivre lorsque l'origine de l'aluminium ne peut pas être établie.
Ces accords sont mieux documentés avant que le passeport ne doive réellement être assemblé. Un fournisseur qui sait à l'avance quelles données sont normalement demandées peut adapter sa propre administration en conséquence — ce qui réduit considérablement le risque de retard ou d'informations manquantes.
Ceci n'est pas un avis juridique. Cette page fournit des informations générales sur la réglementation qui régit cette plateforme. Nous ne connaissons pas votre situation. En cas de doute concernant votre propre cas, consultez un juriste ou l'autorité de contrôle compétente.
Rédigé avec l'IA sur la base des sources ci-dessus, vérifié par un humain le 2026-08-22. Quelque chose ne va pas ? Faites-le nous savoir — les corrections sont prioritaires.